Le Château Tremblant, Quartier Général de Lord Uxbridge à Waterloo.

En 1938, le 31 décembre, le grand quotidien bruxellois «La Gazette » titrait en sa première page :

Maison historique à vendre. Uxbridge en 1815

Après la seconde guerre mondiale il fut question de remettre I’édifice en valeur en ravalant sa façade, en aménageant à l’anglaise son jardin à front de rue, en disposant des guérites de type britannique près de la grille d’entrée. En 1990, alors qu’il est tant question de la rénovation du Waterloo historique, paradoxalement, c’est l’oubli !

Ignorant souverainement cet héritage du passé, les « néo Waterlootois » qui sont aujourd’hui majoritaires ne prêtent guère attention à cette anachronique villa de modeste apparence qui, en plein cœur de la commune en mutation, rappelle assez – n’étaient quelques malencontreux mais superficiels remaniements – les aimables cottages du Comté de Cumberland.

Curieusement, il n’est pas rare de voir s’attarder devant la propriété, les plus hardis s’aventurant jusque dans le jardin et jetant un coup d’œil au petit mémorial, quelques touristes d’outre-Manche, voire l’un ou l’autre «knower fellow» venu des antipodes. Ils en savent, eux, quelque chose ! Mais ils s’en vont désappointés de découvrir, ô combien méconnu, cet authentique vestige de 1815, la seule habitation privée du centre de Waterloo qui soit encore intimement liée aux journées historiques dont on commémorera bientôt le 175e anniversaire.

UN LIEU MAUDIT

Cette maison, qui figure déjà sur la carte de Ferraris, levée sur cette partie du territoire en 1769, restera longtemps la première habitation que rencontrait sur sa droite, au sortir de la Forêt de Soignes, le voyageur venant de Bruxelles. Bâtie en alignement sur la Chapelle Royale, adossée à la sylve, c’était une coquette demeure à un étage et à trois croisées, qui contrastait avec l’habitat proche, fait d’auberges et de fermes de moyenne taille.

En 1797, le bien fut acquis de la République par le Sieur Laurent Coene, épicier de son état. La propriété était sise à l’avant de la «Fosse à la Saulx», un endroit quelque peu maudit. Surpris par les dragons du Waterlootois Jacques Pastur dit Jaco, des soldats de Marlborough y avaient été durement sabrés en 1705. Cernées par les frondaisons soniennes se trouvaient là une fosse à sable et une profonde mare. En 1801 un éboulement y fera deux victimes. En 1804 un jeune enfant y périra noyé. En 1815 des Anglais ayant succombé à leurs blessures seront sensés y avoir été inhumés ; plus tard on retrouvera bien des ossements… mais nul crâne ?

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