A batons rompus : extrait du Gamin de Monstreux VII

Mardi pluvieux du 26 août 2014. De ma fenêtre, en déjeunant debout, je contemple une

Mardi pluvieux du 26 août 2014.

De ma fenêtre, en déjeunant debout, je contemple une jeune mésange charbonnière, dégustant à coups répétés, les restes d’une fleur de chèvrefeuille qui a, depuis quelque temps, perdu ses pétales ; ils étaient blancs et bordés d’un liseré jaune. Elle s’arrête à mi-dégustation et s’envole en coup de vent, laissant l’autre moitié pour une future présence ; c’est une habitude courante chez les oiseaux.

Une pluie fine et transparente perdure depuis quelques jours ; lorsqu’elle cesse, quelque temps, les feuilles laissent tomber les petites perles brillantes, dégoulinant d’étage en étage, qu’elles avaient gardées prisonnières. Rebondissant de points de chute en d’autres, successivement, elles donnent l’impression que le crachin persiste encore. Les feuilles, libérées du poids ou agressées, vibrent quelque peu et se redressent comme des dames outragées. Qu’un petit oiseau se pose, même délicatement, sur un bout de branche, il provoque une avalanche de gouttelettes comme celles qui s’éparpillent quand le prêtre secoue son rameau pour bénir les fidèles ou dire adieu à quelqu’un qui s’en va.

Je viens de parcourir la première moitié d’un recueil de poésies, abondamment illustré, que j’avais constitué il y a longtemps déjà. Je m’arrêtai, lorsque, avide et pressé de lire le poème suivant, j’accordais moins d’attention à la fin du dernier parcouru. Cette compilation porte le numéro 24 ; j’en suis, aujourd’hui, au quatre-vingt cinquième. Les choix qui m’ont guidé pour leur réalisation sont constants : la nature, l’atmosphère, la pléthore des souvenirs du passé avec leurs joies, leurs illusions, les remords tels que les « Si j’avais su ! » et les « J’aurais dû » des miens et ceux des autres. Beaucoup me mouillent les yeux, ce qui m’empêche, momentanément, de lire

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