Almanach de Nivelles 1999 : Les voyageurs pour Bethléem.

Joseph et Marie se mirent en route de bonne heure. Leur grand chien roux marchait devant. L’âne suivait, portant les bagages. La femme cherchait l’ombre sur les bas- côtés. Joseph ne la quittait guère des yeux, et souvent il lui prenait le bras afin qu’elle doive faire moins d’efforts.
Il disait : “Tu as mal ?”
Elle faisait non de la tête et souriait.
A midi, la chaleur devint accablante. L’air fumait. Ils cherchèrent un coin de fraîcheur et s’allongèrent. Ils s’endormirent, veillés par le chien.
Quand ils rouvrirent les yeux, le soleil avait disparu, mais le ciel restait clair. Ils marchèrent jusque tard dans la nuit. IIs avaient acheté du pain et du lait dans une épicerie encore ouverte; ils mangèrent, puis dormirent à nouveau.
Trois journées passèrent ainsi et Joseph, très préoccupé au début, paraissait moins tendu à présent. Le chien débusquait au bord d’un étang une couleuvre à collier, des oies avec leurs petits. Is s’arrêtaient pour regarder et échanger quelques mots ; ils se reposaient et l’âne en profitait pour manger un peu d’herbe et se désaltérer.
Vers le soir du quatrième jour, alors qu’ils se trouvaient dans un lieu particulièrement désert, Marie eut son premier cri de douleur. Elle était là toute droite, et soudain la voici qui se plie et veut saffaisser. Joseph l’aida à se coucher sur un carré d’herbes mortes. Elle était blanche comme la craie.


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