La vie tout simplement : Madame Virginie

Auteur : GHELLYNCK Jacques Depuis un certain temps, elle perdait ses couleurs. Elle n’est pas

Depuis un certain temps, elle perdait ses couleurs. Elle n’est pas malade, non, elle s’éteint doucement, de jour en nuit, presque humainement. Elle ne porte plus ses parures éclatantes de soleil, elle les abandonne au sol.
La pluie et le vent ont fait fuir les rares passants. Plus de fleurs à humer, l’ombre elle-même s’est allongée.
Anticipant le deuil, un soleil tamisé éclaire à peine quelques heures par journée. Chaque jour, des minutes se perdent dans la brume, irremplaçables, irrécupérables.
Les bêtes sont à l’étable. Une gestation commence.
Les cloches du village ne sonnent plus de la même façon.
Elles sont comme engourdies, enrhumées. L’alliage qui les fit naître serait-t-il sensible à la pression atmosphérique ?
Mystère. Là plus haut, le coq se givre.
La vie se feutre incroyablement. En cette fin d’automne, Dame Nature meurt, annuellement.

  • « Entrez, mes enfants, et fermez bien la porte. »
  • « Bonjour, Madame Virginie », répètent les trois enfants.
  • « Installez-vous, autour du poêle de Louvain. »

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