Laissez parler les petits papiers… ou Quand Delcroix se mue en Wiggins Teape

Auteur : TILMAN  Eliane et LECOCQ Georges  Numéro spécial consacré aux papeteries Delcroix qui devinrent

Auteur : TILMAN  Eliane et LECOCQ Georges 

Numéro spécial consacré aux papeteries Delcroix qui devinrent Wiggins Teape

INTRODUCTION

Au XIXe siècle, Nivelles, malgré son statut, toujours d’actualité, de «ville à la campagne» (Alphonse Allais), ne manquait pourtant pas de ressources industrielles, dans divers domaines d’ailleurs, et parmi elles, l’industrie du papier n’était pas la moins ancienne.
En 1860, la ville comptait ainsi deux établissements de bonne renommée, mais dès 1830, existait déjà la papeterie du Spinoit, exploitée par la famille DE MULDER : « La manufacture, à ses début, disposait de quatre machines à vapeur, soit une force motrice d’à peu près septante-cinq chevaux, activant 10 piles hollandaises destinées au broyage fin des fibres. »

Nous sommes alors à la veille de la grande révolution que va apporter la machine à vapeur et les usines étaient généralement actionnées, jusqu’alors, par des moyens que nos écologistes actuels (2007) ne renieraient pas : eau, vent.

Ainsi, l’usine du hameau Saint-Pierre était-elle mue, alors que la future Belgique luttait de tous ses volontaires pour arracher cette liberté tant chérie des mains orangistes, par une roue à action hydraulique installée sur le ri Saint Pierre : « Le 6 novembre 1845, la Députation permanente du Brabant donne à Denis Joseph Demulder l’autorisation de construire le moulin à vent Saint-Pierre destiné, non pas à fabriquer de la farine, mais à broyeret à effilocher les chiffons devant produire de la pâte pour la papeterie installée au Spinoit depuis 1830. »

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LES TOUT PREMIERS PAS

En 1872 déjà, Ferdinand DELCROIX [PREMIER], fondateur de la papeterie et pionnier dans le domaine, introduit, en Belgique, la procédure complète de fabrication du parchemin «végétal» ou papier sulfurisé.

Mais le démarrage fut laborieux. Voyons cela en détails.
Le moulin « au Bleu » se dressait à l’emplacement actuel de la firme Arjo-Wiggins, à l’origine Delcroix, puis Wiggins Teape, soit le long du chemin de la Maillebotte concrétisant la limite entre les deux anciennes communes de Baulers et de Nivelles.

C’est en 1882 que Ferdinand DELCROIX, fort de sa position d’industriel dans la cité des Aclots, acquiert la petite usine PENNART, pour le moins assez délabrée, qui élaborait du papier d’emballage on ne peut plus ordinaire. L’acte officiel de rachat aurait cependant été passé seulement le 17 avril 1885 devantle notaire Vandam. Or, l’on apprend de diverses sources que le dispositif de la roue hydraulique du moulin du Bleu n’est plus utilisé depuis 1864 !! Preuve d’un déclin lent mais avéré en un peu moins de 20 années.

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