Le mystère de Louis XVII – La fin d’une légende royale ?

Cette gravure reproduit un tableau peint un demi-siècle après la mort du dauphin de France, le mystérieux Louis XVII, dont l’histoire semblait avoir perdu la trace. L’auteur de l’oeuvre ci-contre, Charles-Louis de Frèdy, baron de Coubertin, peintre, sculpteur et graveur français (1822-1908) n’est autre que le père de Pierre de Coubertin (1863-1937) qui rénova en Grèce les jeux Olympiques (1894).

L’enfant martyre
L’image nous présente un gamin au visage tuméfié, d’aspect malingre, aux habits dépenaillés, qui affronte sans force la trogne menaçante d’un rustre penché sur une table en désordre. L’épouse, tout en rondeurs, jette vers son mari aviné un regard apitoyé. Cet homme brutal, c’est le cordonnier Simon.
Comment ces deux êtres, extrêmes, se sont-ils rencontrés ?
Le dix aout 1792, cet enfant avait été enfermé au Temple avec toute sa famille. Il avait sept ans. Son pêre, le roi Louis XVI, sera décapité le 21 janvier 1793.
Le 2 août, sa mêre, Marie-Antoinette, est séparée de ses enfants et transférée à la Conciergerie du palais de Justice de Paris. La reine sera exécutée le 16 octobre 1793. Entre-temps, la Commune de Paris s’était chargée de donner au jeune prince héritier un  » gouverneur  » ou plutôt un maître à ne quoi penser.
Il semble que le cordonnier Simon eût les défauts reguis pour humilier, brutaliser un enfant de santé délicate et ruiner son état mental. On raconte qu’il dénigrait sans pudeur la mémoire du roi et de la reine, forçait l’enfant à boire du vin et de Peau-de-vie, le rouait de coups et s’amusait à le tourmenter jusqu’à briser sa joie de vivre. Même si on a exagéré la cruauté du sieur Simon, il n’était pas dépourvu de sadisme. Ne dit-on pas qu’un jour, le petit prince demanda à son bourreau un jouet. Son sinistre mentor lui offrit… une guillotine miniature.
Malgré les sanglantes répressions, les royalistes restaient actifs et menaçants.
Jugea-t-on que le fils de Louis XVI ne dépérissait pas assez vite ? On enferma l’enfant dans une geôle du Temple. Couché sur un grabat, privé de feu et de lumière, le gosse passa six mois dans ce trou a rats. On lui glissait une cruche d’eau et une infecte pâtée sans lui adresser la parole. Voyant sa santé décliner, on améliora la condition du détenu. Trop tard ! Ses forces étaient épuisées. II s’éteignit sans se plaindre le 8 juin 1795. Il entamait sa onzième année.

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