Les jeux de palets un jeu populaire.

Le concours se déroule sur un chemin de terre battue bordé d’un trottoir réservé aux piétons les jours de pluie. Les dix personnages ont les yeux tournés vers le but, un coin fiché dans le sol. On joue quatre contre quatre. Six palets de bois, couchés sur le flanc, constituent un obstacle pour les lanceurs ultimes. L’habileté des maitres joueurs consiste a prévoir la piste louvoyante qui permettra a leur disque de ne plus dévier ou se bloquer sur les palets échoués.

Dans ce spectacle de rue, on s’affronte sans souci de protocole : sabots, savates et souliers foulent le sol en toute égalité. Si l’honorable bourgeois se distingue par une barbe bien taillée, son pardessus droit et son chapeau en cloche, les artisans en tablier de cuir et casquette de soie discutent avec lui sans complexe.
Devant la porte entrouverte de l’estaminet — il y en avait à l’épogue dans toutes les rues ! —, un protagoniste, l’index droit pointé vers la ligne de lancement (él lîse) semble diriger la manœuvre. Geste qui ne l’empêche pas de se rincer la moustache avec une chope de bière serrée dans sa main gauche.
Le petit bossu en sarrau se tient silencieux dans l’ombre protectrice du notable pendant que quatre concurrents se font  » busquette « , c.-a-d. mesurent les écarts soit avec un fétu de paille, une brindille ou une ficelle.
L’homme aux cheveux blancs, une main en appui sur la hanche, suit la pantomine avec philosophie.
A deux pas de distance, un gamin tient sa petite sœur par la main. Il ne perd pas une parole du débat. Il est à bonne école (il en connait pas d’autre !).

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