Mémorial de la vie nivelloise des années 1780 à 1800

La situation de notre pays au 18e siècle

En 1780 entre en scène un nouveau personnage : le fils de Marie-Thérèse, Joseph Il, tout empreint de formation théorique où la philosophie française de l’époque a une part prépondérante.
A la différence de sa mère il voudra appliquer ces principes sans ménagement, sans tenir compte des mécontentements qui vont en résulter.
A deux reprises, mais sans succès durable, les Belges vont tenter de reconquérir leur indépendance politique : d’abord en 1789, puis, à nouveau, en 1792.


………

Le chapitre noble de Nivelles

Les chanoinesses de Nivelles devaient être nobles de père et de mère depuis quatre générations au moins.
Leur origine explique l’importance des biens dont leurs libéralités ou leurs influences dotèrent le chapitre, possesseur de villages entiers, de fermes, terres et bois, même à l’étranger, de vignobles en Allemagne, sans compter de nombreuses rentes et le droit de prélever certains impôts appelés dîmes.
Quarante-deux chanoinesses et trente chanoines composaient le chapitre, dont le chef – nous parlerons plus loin de l’abbesse – était la prévôte, présidente de ses assemblées.

…………

Les bâtiments monastiques et religieux du centre de la ville

Ces bâtiments consistent en un immense quadrilatère composé par la collégiale, l’église paroissiale Notre-Dame, l’église de Saint-Paul ou église des chanoines, le cloître et ses dépendances et la maison abbatiale (notre hôtel de ville avant 1940).
A l’aide du plan l, nous parcourrons très rapidement ces bâtiments, pour voir ensuite les maisons claustrales et autres maisons et bâtiments du centre de la ville.


La collégiale
En 1780 l’aspect extérieur de la collégiale est quasiment le même que celui d’avant la guerre de 1940. Toutefois, les tours latérales sont d’inégales hauteurs. La tour de Jean de Nivelles est plus haute et Jean de Nivelles est accroché à un curieux campanile. Des maisons sont déjà collées au flanc méridional de l’église et aussi contre les alloirs de l’abside orientale. Pour connaître l’aspect architectural de la collégiale en 1780, rappelons brièvement quelques grands moments de son histoire depuis le début du XVIIe siècle
………

Les maisons claustrales, les autres maisons et bâtiments du centre de la ville

Maison claustrale (subsiste)
Cette maison est occupée, vers 1780, par la chanoinesse comtesse de Bergh de Trips. L’on y voit deux salons de style Louis XV dont l’un possède des sculptures en bois et des trophées artistement fouillés, ainsi qu’un médaillon en bas-relief représentant Newton et placé au-dessus de la porte. Ce médaillon, en bois, est de Laurent Delvaux. (cf. G. Willame : L. Delvaux, Bruxelles 1914, sous no 40).
C’est dans cette belle demeure que Joseph Il vint saluer la comtesse de Thurheim qu’hébergeait la comtesse de Bergh de Trips (21 juin 1781).
L’immeuble fut vendu comme bien national en 1799. Il fut donné à la fabrique de l’église Sainte-Gertrude, en 1866, par Mlle Kaieman.


Maison claustrale (*)
A côté, sur le Marché, une autre maison claustrale est occupée par une chanoinesse. Elle l’a beaucoup embellie et elle y a fait placer une porte cochère remarquable. Chaque pierre de taille qui en forme l’encadrement porte en bas-relief les armes des familles auxquelles elle est alliée.
Vendu comme bien national cet immeuble servit de siège à la gendarmerie, puis il devint atelier de serrurerie et ensuite café (« Café de la Concorde »).
La porte cochère, qui se trouvait à gauche de la façade, avait été démolie et le porche converti en débit de tabac

……….

Les rues de la ville en 1780 et les immeubles principaux

A. – RUE DE BRUXELLES, IMPASSE DE LA PORTE ROUGE, RUE DES CANONNIERS, IMPASSE DE L’ETUVE, FAUBOURG DE BRUXELLES.
La rue de Bruxelles commence Place Saint-Paul, au Marché aux Bêtes et se termine au rempart à la porte de Bruxelles (actuellement carrefour des boulevards des Archers et de la Fleur de Lys).
La rue des Canonniers commence rue de Bruxelles et finit au rempart (actuellement boulevard des Archers). L’impasse de l’Etuve se trouve rue de Bruxelles (Plan II, entre 4 et 5).


Le faubourg de Bruxelles se trouve au-delà de la porte de Bruxelles et du rempart.
RUE DE BRUXELLES
Côté droit
**Des maisons claustrales bordent la rue de Bruxelles entre le Marché et la rue du Pont Gotissart.
**Puis viennent :Les trois couronnes (1652), les trois boulettes (1658), joignant à la rue du Pont Gotissart, séparée par une maison de l’impasse de la Porte Rouge.


**L’aigle noir (brassinne à l’eau de vie, 1790), faisant le coin de la rue allant à la Porte Rouge.
**La croix de Bourgogne (1671), joignant à la suivante.
**La maison verte (1654), faisant le coin devant St-André.
**Les trois rois (brasserie et hôtellerie, 1654) faisant le coin de la rue de l’Etuve et touchant à la rivière la Thines. Tenue par M. Hautain en 1898.

……..


Laisser un commentaire

Verified by MonsterInsights