C.R.A.B 1940, petit journal de l’exode d’un Nivellois

Un récit de plus. Il a été rédigé au jour le jour en style télégraphique.

Un récit de plus. Il a été rédigé au jour le jour en style télégraphique.
Du 14 mai au 16 août 1940, soit pendant 95 jours, j’ai noté mes déplacements, occupations, impressions (4).

VENDREDI 10, SAMEDI 11 et DIMANCHE 12 MAI 1940
J’ai raconté jadis (5) notre réveil brutal le 10 mai à 5,10 heures du matin, lorsque la Luftwaffe a détruit les installations de notre plaine d’aviation. Dès ce moment, deux préoccupations émergent dans beaucoup de familles. En premier lieu, on réalise qu’une nouvelle forme de guerre va nous frapper : le bombardement aérien; on s’ingénie donc à dégarnir les greniers et protéger les étages. En second lieu, et ceci résulte des expériences de 14-18, on stocke les denrées alimentaires peu ou pas périssables: farine, sucre, légumes secs, biscuits, conserves en boîtes, chocolat, thé, café, salaisons.
Moi, au moment de l’invasion, je suis âgé de seize ans et quelques semaines. Je suis étudiant en première année de l’école normale primaire, où les examens de fin d’année scolaire sont annoncés pour juin. Je fréquente aussi l’académie de musique: dans quinze jours, je concourrai au degré supérieur de piano et au degré moyen de musique de chambre.

LUNDI 13 MAI
Il règne une psychose de l’évacuation. Des réfugiés venant de la province de Liège passent par Nivelles: ils nous
apprennent que les Allemands ont franchi l’infranchissable canal Albert.
Comme pour confirmer le climat alarmiste, des affiches sont placardées en maints endroits. Elles annoncent la
réquisition des jeunes gens de 16 à 35 ans, réformés compris, pour constituer les réserves de l’armée belge. Chacun devra se présenter dès le lendemain à l’hôtel de ville afin d’être incorporé dans un contingent qui sera acheminé «en lieu sûr ».

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