Quand les Nivellois se portaient mal …

Auteur : LECOCQ  Georges, LALIEUX Emile de, CHAPELLE Jean-Jacques, DUBOIS docteur

Pour reprendre une des grandes constantes de l’œuvre exceptionnelle écrite par l’historien français Georges Duby en matière d’histoire sociale de toutes les époques, surtout lan mil, sachons que notre société occidentale est en proie à au moins cinq grandes inquiétudes existentielles — il pourrait y en avoir plus bien sûr — que nous pourrions définir comme étant les suivantes : la première appréhension participe de la notion de misère, dont on n’a jamais autant disserté depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale ; la deuxième inquiétude est la peur de l’autre, que ce soit l’envahisseur poussé vers d’autres lieux par le
sentiment d’une vie devenue inconfortable du fait de la surpopulation et des rendements agricoles minables, ou que ce soit, de façon plus contemporaine encore, le désir de vivre là où sont présentes toutes les conditions d’une existence nettement meilleure, le nationalisme en sus; la troisième préoccupation, bien de notre temps, est la violence sous toutes ses formes, dont n’est malheureusement pas exclue la brutalité tout à fait aveugle et gratuite ; la quatrième obnubilation, qui devrait être l’ultime, est la peur atavique de l’au-delà — voir la désertion des églises et le « boom » des sectes — ; la cinquième et dernière angoisse, que j’introduis volontairement dans cette nomenclature, est celle des épidémies ravageuses entrainant les disparitions d’êtres humains par millions, et c’est à cette dernière angoisse que nous allons nous intéresser
dans les pages qui suivent.
En vérité, ces « peurs » fondamentales n’ont pas, ou alors si peu, évolué au cours des siècles malgré l’indéniable mutation de la société sur d’autres plans, technologique entre autres. Décadence ou progrès, telle est en gros la grande alternative fondamentale d’aujourd’hui en ce début de 3 millénaire, mais ce débat n’a pas lieu d’être ici. Nous nous en passerons donc.

Il est prouvé depuis longtemps que la société médiévale européenne vivait sous la menace permanente de plusieurs fléaux, et, parmi ces derniers, la maladie, sous toutes sortes de formes bien souvent pernicieuses et mortelles à terme, en était de loin le plus terrible.

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